Police perso : Cristiani Corsi
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vendredi 18 décembre 2015

Nocivité de la loi NOTRe : le totalitarisme jacobin en acte

La nocivité de la loi NOTRe
Opposition à la doctrine de droit naturel suivie par les Corses au XVIIIème siècle

La loi NOTRe est nocive et destructrice de la société corse parce qu’elle s’oppose à la loi naturelle et à la doctrine de droit naturel qui en est issue. Le refus du droit naturel par les auteurs de la loi NOTRE est étranger à l’adhésion des Corses du XVIIIème siècle à cette doctrine peu connue mais qu’ils ont mise en pratique avec bonheur. De ce choix d’un refus ou d’une adhésion découlent des conséquences en chaîne.


1) Un Droit artificiel opposé à la prise en compte du caractère organique d’une société
La loi naturelle implique de fonder une société sur son caractère organique, c’est-à-dire vivant et constitué à partir des réalités naturelles, humaines et historiques qui ont conduit à former les coutumes d’une population donnée à un endroit donné. La doctrine de droit naturel suivie par les Corses du XVIIIème siècle inclut donc la nécessité pour les autorités de prendre en compte ce caractère organique dans toutes leurs décisions. Le politique tient toujours compte de l’esprit de la société.

Or, la loi NOTRe découle d’un droit totalement coupé de toute réalité naturelle et humaine. Elle répond à une volonté des institutions européennes de voir la France renier son histoire et sa mentalité pour devenir un état fédéral au sens administratif du terme sans aucun fondement populaire. Et la Corse est englobée dans cette spirale d’une volonté européenne de détacher artificiellement les populations de leur territoire. Le politique se veut étranger à l’esprit de la société.

2) Un Droit quantitatif opposé au caractère unique, qualitatif et non quantifiable des sociétés humaines
La conséquence de la loi naturelle que suivaient les Corses au XVIIIème siècle se découvre dans le caractère unique de chaque société. Un organe vivant est unique, ce qui implique une acclimatation des circonscriptions administratives à la qualité de chaque communauté. C’est la raison pour laquelle Pascal Paoli et ses compagnons d’armes ont suivi les tracés des anciennes circonscriptions façonnées par les communautés au fil de l’histoire : paroisses, pièves et provinces. Il faut noter que la révolution française, le Consulat et l’Empire ont respecté le tracé des pièves qui se reconnaît dans les cantons.

La loi NOTRe a pour but de « rationaliser la carte intercommunale autour d’un bassin de vie de 5.000 habitants ». La logique est donc inverse. Au lieu que ce soient les autorités qui adaptent leur politique à la configuration du pays et respectent l’unicité de chaque communauté dans un esprit tourné vers la qualité des services, ce sont les communautés qui doivent se plier à un critère uniquement quantitatif voulu par les autorités de l’état pour avoir le droit à l’existence. Les petites communes sont donc obligées de se concentrer de manière artificielle pour atteindre la quantité démographique de 5.000 habitants exigée par la loi, ce qui rend la tâche quasi impossible dans un territoire rural. La primauté étant donnée aux grosses structures formées par les intercommunalités toujours étendues puisque la quantité remplace la qualité, les maires des communes se verront dépossédés des leurs principales compétences et le pouvoir s’éloignera toujours plus du peuple.

3) Un Droit absolutiste opposé à un Droit respectueux de la liberté des citoyens
Dans la doctrine de droit naturel, l’autorité n’existe que dans la liberté, les deux éléments étant toujours associés. Pour cette raison, Pascal Paoli et les Corses du XVIIIème siècle respectent l’ancrage des populations dans leur territoire. Ils créent un état dans le respect des mœurs et du patrimoine religieux, culturel, social et politique de la population. Il n’existe aucune révolution sociale dans la Corse du XVIIIème siècle parce que les autorités se veulent au service de la population dont ils respectent les traditions. L’état ne se crée pas contre les coutumes des Corses mais à partir des coutumes des Corses. Pour cette raison, la Constitution corse du XVIIIème siècle est fondée sur la règle de la subsidiarité qui fait partir l’autorité de Dieu pour en donner l’exercice aux hommes ; puis qui fait remonter, parmi les hommes, cette autorité du bas vers le haut. Entrée officiellement dans la doctrine de l’église au XIXème siècle, le principe de subsidiarité implique une décentralisation nécessaire pour limiter les pouvoirs de l’état et assurer l’initiative des citoyens. Chaque communauté construit sa propre vie civique et professionnelle. Le rôle des communautés de rang plus élevé dans la perspective d’une application de ce principe consiste seulement à « respecter les attributions de chacun, aider éventuellement et remplacer exceptionnellement » (Alphonse Brégou)

À l’inverse, la loi NOTRe votée par l’assemblée nationale où ne siègent que bien peu de paysans est d’essence absolutiste parce que fondée sur l’idéologie de la loi selon laquelle rien n’existe en dehors de la loi. De ce fait, la réforme descend du haut vers le bas. Elle est imposée par le haut à l’ensemble de la population sans consultation de celle-ci et de façon uniforme.
La pratique suit logiquement et présente des tendances totalitaires puisque, selon la volonté des plus hautes autorités de l’état, la puissance du préfet dépasse le pouvoir des autorités élues par le peuple et s’impose à elles. Les maires de l’Alta Rocca souhaitent que leur région garde son unité, le préfet la coupe en deux. Le maire de Cauro souhaite un rapprochement avec la communauté de commune de l’Ornano. Le préfet décide que ce sera avec la haute Gravona. La haute Gravona et le Prunelli acceptent de fusionner. Le préfet leur impose une union avec la CAPA. Et que dire de la triste situation du Golu-Morosaglia, des inquiétudes justifiées de la Balagne, etc. Les maires ne peuvent que « plaider leur cause ». Qu’importe ! Quoi qu’il en soit, le préfet, fonctionnaire d’état, imposera « la nouvelle carte ». Et, comme dans tout système idéologique fondé sur le mensonge au service de l’esprit de domination, c’est le ministère de la « décentralisation » qui est chargé d’un tel retour à une centralisation comme le pays n’en avait plus connu depuis l’époque jacobine de la révolution française. De cette volonté sans limite de domination sort l’incohérence.

4) Un Droit incohérent opposé à la cohérence issue de la prise en compte de la réalité et du respect
Les Corses du XVIIIème siècle, en accord avec leurs principes fondés sur la doctrine de droit naturel, respectent les hommes et les territoires ainsi que le lien qui les unit. Pour cette raison, la politique du Général Paoli fait preuve d’une véritable cohérence puisqu’il part de la Constitution sociale - l’ensemble des coutumes et des mœurs des habitants de chaque région - pour organiser la Constitution politique - les institutions qui régissent le pouvoir. De cette façon, le pouvoir étant issu des traditions du peuple, il est compris par le peuple et adapté à son esprit. Du respect de la mentalité du peuple - de « l’esprit général » selon l’expression de Montesquieu - naît la logique d’une continuité entre le passé, le présent et l’avenir qui s’impose au pouvoir de l’état.
Dans la conception de la doctrine de droit naturel, les autorités doivent prendre en compte tout un faisceau d’éléments comme l’histoire d’un pays, l’amour d’un peuple pour son territoire, le respect de ses mœurs, etc. dans toute mise en pratique d’une politique gouvernementale. De cette obligation, qui découle de la relativité du pouvoir imposée par la doctrine de droit naturel aux gouvernants, naît une vision d’ensemble soucieuse de la justice et du bien qui favorise la cohérence dans les évolutions nécessaires et permet de préparer l’avenir dans un esprit de confiance.

À l’inverse, la loi NOTRe ne s’inquiète pas de cohérence. Sa pratique n’implique aucun attachement à la volonté des populations, aucune stabilité pour assurer le développement harmonieux des territoires. Aucune logique dans la répartition de ces territoires sinon la seule recherche du plus gros et du plus peuplé selon les ordres gouvernementaux qui relaient docilement les instances internationales. La communauté de communes de la vallée du Golu imposée, il y a deux ans, est bouleversée, prouvant que l’obéissance (forcée) aux ordres ne met pas à l’abri de l’arbitraire puisqu’il n’existe aucune continuité dans les politiques gouvernementales. Le droit du plus fort joue avec pour seul levier la volonté présente des plus puissants, l’exigence d’un jour se heurtant à celle du lendemain toujours plus absurde.

5) Un Droit destiné à faire disparaître l’histoire d’un peuple opposé à l’amour de la vie et de la culture d’un peuple
En réalité, l’opposition aboutit à cette rupture entre une conception respectueuse de l’histoire d’un peuple et une volonté de faire table rase du passé. Rien n’est nouveau sous le soleil. Pascal Paoli et les Corses du XVIIIème siècle aiment leur peuple, leur histoire (même emplie de bruit et de fureur), la nature dans laquelle ils vivent, la mentalité qui portent les communautés. Leur régime est fondé sur l’amour de la patrie, de leur société et de leur civilisation. Leur volonté est tournée vers la construction du pays, la guérison de ses plaies, le développement du talent de tous ses habitants au service, comme les gouvernants, de la justice et du bien. Ils savent que la perfection n’est pas de ce monde, mais l’amour de la vie les porte.

À l’inverse, c’est la volonté de mort qui est à l’origine de la loi NOTRe, la volonté de faire mourir les communes trop nombreuses, trop petites, trop peu rentables, la volonté de donner le dernier coup à la ruralité pour la faire disparaître une fois pour toutes. Les nouvelles structures prendront pour assise les intercommunalités, supposant donc que les communes en tant qu’assises administratives, sont appelées à périr. En créant des intercommunalités, c’est le nom des communes, leur histoire, leur patrimoine culturel qui s’évanouiront des mémoires. Un véritable « mémoricide » est en train de se mettre en place sans que personne ne pense pouvoir s’y opposer.

Pourtant, dans l’histoire, bien des peuples voués à la domination des puissants ont su résister. En unissant la force des habitants et des autorités qui aspirent à la justice et au bien, il sera possible de faire prendre conscience de la possibilité d’une victoire sur l’esprit de domination et de soumission, et d’une reconstruction d’un esprit tourné vers l’amour de la vie et de la liberté.
« Corruptissma republica plurimae leges »
« Plus la république (l'État) est corrompue, plus les lois se multiplient » (Tacite, auteur romain, 58-120 après Jésus-Christ).



Marie-Thérèse Avon-Soletti

 Une pétition adressée au nouvel exécutif de la CTC  est diffusée via internet .
https://www.change.org/p/gilles-simeoni-amenanager-la-loi-notre-dans-le-respect-des-circonscriptions-naturelles-de-la-corse?

lundi 14 décembre 2015

Qu'est ce que la Politique ?

Le texte ci-dessous est une contribution de Mme Marie-Thérèse Avon-Soletti. Il décrit ce que doit être le moteur de toute politique suivant la doctrine catholique traditionnelle, selon des principes  pressentis en son temps  par Socrate puis développés par Saint Thomas d'Aquin.

Qu’est-ce que la politique ?

Platon nous l’explique par la voix de Socrate dans le Gorgias.
Dans ce livre, le sujet est la rhétorique ou l’art de persuader les autres

Le courant sophiste : remporter la victoire
Pour les sophistes et les jeunes gens qui discutent avec Socrate
La politique consiste à influencer le cours des choses. Le discours politique est prononcé pour flatter les citoyens, pour plaire aux citoyens. En fait, il consiste à persuader les citoyens d’agir de la façon qui plaît à celui qui le prononce. Le discours flatte les citoyens pour les inciter à agir dans le sens qui convient à l’homme politique.
L’action avant tout et l’action pour faire triompher ses idées. Voilà la politique pour les jeunes gens instruits et les sophistes avec lesquels Socrate discute.

Or, cette façon de faire amène au pouvoir les plus pervers et les plus cyniques, ceux qui sont à la fois rusés et sans scrupule. Et la politique de la cité s’en ressent. Les lois mauvaises se succèdent détruisant la société.
Et lorsque d’autres hommes politiques veulent sortir de cet état, dans la mesure où ils agissent de la même façon, où tout leur effort est tourné vers la persuasion de la foule, vers le triomphe de leurs idées et de leur volonté humaine, vers le seul fait d’influencer le cours des choses, même s’ils ne le veulent pas, ils finissent par ressembler aux autres, par se fondre dans le même moule.
Combien de nationalistes, d’hommes de gauche, de centre, de droite sont entrés en politique pour faire changer les choses ? Certains ne pensaient qu’à leur carrière et au profit. Mais beaucoup y croyaient. Beaucoup souhaitaient sincèrement construire et travailler à réaliser quelque chose de bien. Un bon nombre avait même du talent. Mais, tous, les uns après les autres, en arrivent à dire et à faire à peu près la même chose. Et cela est valable, non seulement pour la France mais pour l’ensemble des pays.

Pourquoi ? Parce que le but reste en priorité la victoire, la domination, la victoire d’un camp sur l’autre, la domination que procure le triomphe de ses idées et quand les idées disparaissent, le triomphe qui permet de gagner le pouvoir et de s’y maintenir.

Au début, le combat se déroule pour faire triompher un projet politique. Puis, bien vite quand le projet se révèle sans consistance ou irréalisable, c’est le pouvoir lui-même, le pouvoir pour le pouvoir qui devient le seul but.
Agir, faire table rase du passé, construire une société de toutes pièces selon ses propres vues, ses propres volontés, il y a là quelque chose d’enivrant qui attire les hommes (hommes et femmes) par cet activisme trompeur.
Le but se rétrécit à un combat de personnes, le plus fort ou le plus rusé l’emporte sur l’autre. Le plus fort ou le plus rusé sait manier la foule pour la faire agir dans son sens.

Le but : le pouvoir. Le moyen : la flatterie, le mensonge ou la violence quand les premiers moyens n’opèrent plus.
Parvenir au pouvoir et garder le pouvoir par tous les moyens.
La fin justifie les moyens.


Le courant socratique : faire triompher la vérité pour le bien de la cité
Or, Socrate insiste, même s’il est seul à soutenir une telle pensée. Ce ne sont pas le pouvoir et la domination sur l’autre qui comptent, mais le bien de la cité.
Le but ne s’arrête pas à la volonté d’une personne ou d’un groupe de personnes qui veut imposer sa volonté, le but ne s’arrête même pas à la totalité d’une population qui agirait selon sa seule volonté.
Volonté particulière ou générale peuvent s’avérer aussi mauvaises, aussi désastreuses pour la cité. Ce n’est donc pas la volonté qui importe, mais le bien recherché.
Le but réside, non dans les personnes, mais dans le bien, dans ce qui peut amener une cité à être prospère et juste et paisible, une cité où les hommes sont heureux de vivre.

Ce ne sont pas les personnes au pouvoir qui doivent triompher, mais seulement le bien de la cité.

De la même façon, dans un débat, ce n’est pas le triomphe d’une personne sur une autre qui compte, mais la recherche et le triomphe de la vérité.
Les débats sont faussés parce que tout le monde cherche à triompher de l’autre. Les spectateurs ne cherchent plus à savoir si les arguments sont sérieux ou non. Ils s’attachent uniquement à l’esprit de répartie, au bon mot qui ridiculise l’adversaire ou à l’accusation fausse qui déstabilise...

Dans les discussions, Socrate explique que la vérité doit être au centre des débats.
Dans le domaine politique, la justice doit être à la source des lois et le bien de la cité le but recherché.
Recherche et triomphe de la vérité.
Recherche et établissement de la justice et du bien.

Tant que le but véritable est le pouvoir et la domination, les idées resteront au service du cette soif de pouvoir et de domination. Alors, elles seront infectées par le mensonge, la flatterie, la violence. Car tout sera bon pour arriver à ces fins de domination sur l’autre.
La haine est souvent une conséquence de cet état d’esprit parce que l’autre devient l’obstacle qu’il faut enlever pour satisfaire sa volonté.

Si le but véritable est la vérité et le bien, alors les idées se mettront au service de la vérité et du bien. Elles seront inspirées par la vérité, la justice et le bien. Et la fin ne sera plus la domination de l’homme sur l’homme, mais le triomphe de la vérité et la recherche du bien de la cité.

Nous sommes cinq siècles avant Jésus-Christ et le courant de droit naturel sort de la philosophie grecque et de la pensée de Socrate, qui ne dit jamais qu’il a inventé quoi que soit. Il ne professe pas de théorie personnelle. Simplement, il cherche la vérité avant tout.

Bien sûr, il se fera tuer pour avoir dit la vérité.


Le courant de droit naturel se poursuit dans le christianisme qui le développe en une doctrine
Le christianisme continue ce courant de droit naturel et le développe dans une véritable doctrine dont la synthèse la plus accomplie est celle de Saint Thomas d’Aquin.

La vérité au centre. Socrate, Platon à sa suite poursuivent cette recherche de la vérité.
Pour les chrétiens, la vérité c’est le Christ. Dieu est amour, donc Il est vérité, car l’amour n’existe pas dans le mensonge. La vérité prend un visage qui est celui du Sauveur et elle devient accessible à tous puisque chaque chrétien est le temple de Dieu (1Corinthiens 3, 16-17).

La liberté. Socrate, Platon à sa suite, ont l’intuition d’un lien entre vérité et liberté sans parvenir à savoir le quel vient en premier.
Le Christ donne la réponse avec la simplicité de Dieu : « La vérité vous rendra libres » (in Saint Jean 8, 32).
Les Grecs et les Romains connaissent les libertés politiques. Mais, c’est le christianisme qui apporte en plus, par la Révélation du Christ, les libertés personnelles et les libertés de la communauté. Chaque être humain ayant une vocation à accomplir, un talent qu’il doit développer pour épanouir sa personnalité, il dispose de la liberté nécessaire pour sa réalisation. De là découle les libertés personnelles.

La justice et le bien. Socrate, Aristote à sa suite, ont cette intuition d’une source dans la justice et d’une fin dans le bien.
Pour les chrétiens, la source de tout est Dieu qui est juste.
La fin de tout est Dieu qui est le bien.
Donc, la justice doit être à la source de tous les rapports entre les êtres humains (et donc des coutumes et des lois).
Le but se trouve dans le bien. Le bien parfait dans la vie éternelle doit être préparé sur terre.
Le but recherché est non seulement le bien de la cité, mais un bien qui englobe chaque membre de la cité : le bien commun.



Il ne s’agit pas seulement du bien de tous au sens de satisfaction de la volonté de chacun, mais le bien de chaque personne qui aspire à s’élever vers Dieu, c’est-à-dire qui aspire à développer son talent pour être réellement à l’image de Dieu.
Le bien commun est atteint quand tous les membres ont la possibilité de développer leur talent, d’accomplir leur vocation, quand tous ont cette faculté d’épanouir leur personnalité.

La politique, c’est la recherche de la justice dans la source des rapports entre les êtres humains et du bien commun comme but à atteindre.

Donc, le pouvoir change fondamentalement d’aspect. Il se produit une inversion des perspectives.

1) Le pouvoir n’est pas une fin en soi. Le pouvoir est un moyen de parvenir à la fin qui est le bien commun.
2) Le pouvoir n’est pas une domination. Le pouvoir est un service.
« ...celui qui voudra devenir grand parmi vous, se fera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d’entre vous, se fera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir » (in Saint Matthieu 20, 27-28).

Pour arriver à cet état d’esprit, il faut
1) Abandonner le monde de l’idéologie qui n’est que le mensonge au service de l’esprit de domination, et entrer dans le courant de droit naturel qui a pour centre la vérité.
2) Extirper toute haine de son cœur (qui accompagne toujours l’idéologie), et avancer sur ce chemin de vérité du courant de droit naturel pour penser à construire pour le bien commun, pour que chaque membre de la communauté puisse épanouir sa personnalité.

Voilà la raison pour laquelle la politique exige
D’abord une doctrine solide sur laquelle s’appuyer : la doctrine de l’église de droit naturel.
Ensuite une société saine capable de produire des hommes politiques qui accepteront de travailler pour la vérité et d’être au service du bien commun : une société catholique.
La politique ne peut être cohérente et bienfaisante que quand les deux premières étapes ont été franchies.


dimanche 6 décembre 2015

Offensive anti-catholique et résistance Corse


L'une des conséquences prévisibles des attentats-massacres perpétrés à Paris par "l’État Islamique" est une nouvelle offensive menée par les autorités françaises contre ...le catholicisme.  La Corse n'est évidemment pas épargnée par cet activisme sournois relayé par toutes les institutions coloniales présentes sur l'île. Parmi elles, la chaine de télévision France 3 Corse via stella, qui depuis qui depuis quelques jours ne mentionne plus le Saint du Jour ainsi que de coutume au cours de la présentation du programme météo. Le  traditionnel "nous serons demain la saint..." pouvant susciter une méditation quotidienne et transcendante a été remplacé par le très administratif   "Nous fêtons aujourd'hui les ..". De même la retransmission de la messe de Noël, initialement prévue à Eccica Suarella, est annulée officiellement pour des raisons budgétaires. Via stella ne manque pourtant jamais de fonds lorsqu'ils s'agit de promouvoir cette pseudo "culture méditerranéenne" chère au pouvoir en place et tant d'autres fantaisies destinées à l'avènement d'une société indifférenciée. Sous quelques oripeaux corsisants , le média institué sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy ne déroge pas à sa mission première : la "normalisation " de la Corse aux préceptes de la "République du Grand Orient".
La vigilance de nombreux téléspectateurs insulaires relayée par les réseaux sociaux a permis d'initier une prise de conscience. Une pétition exigeant " le retour des saints " dans les programmes météo  recueille un nombre croissant de signatures. Une initiative salutaire bien que la conscience véritable commanderait de se libérer totalement de l'instrument d'aliénation et d'asservissement que constitue la télévision.

Dans le même ordre d'idée un vademecum diffusé par l'Association des Maires de France, dirigée par François Baroin, préconise la suppression des crèches de Noël dans les mairies et bâtiments publics. L'AFM s'active en coulisse pour obtenir un loi contraignante sur la question dans les mois à venir, selon la classique stratégie  " On doit sentir la franc-maçonnerie partout,on ne doit la voir nulle part."
Face à ces velléités totalitaires du laïcisme français, la Corse est une fois de plus entrée en résistance. Les principales mairies de l'ile, dirigées par des équipes nationalistes ( Bastia ) ou de droite ( Aiacciu, a Ghisunaccia ) ont revendiqué le maintien des crèches de Noël en écho à la volonté de notre peuple de réaffirmer sa culture et sa foi catholiques.

                    " Corsica, terra Cristiana" Une résistance populaire, nationale, spirituelle face au colonialisme français



Le refus de se laisser désarmer par les "valeurs de la République" s'exprima également lorsque des milliers de Corses rassemblés pour une rencontre de football au stade de Furiani , entonnèrent le "Diu vi Salve Regina" en signe de compassion et de solidarité envers les victimes des attentats de Paris, alors que quelques minutes auparavant,  la "Marseillaise" avait retenti dans un silence glacial.

Cette triple dimension nationale, culturelle et spirituelle de la lutte anti-coloniale se traduira par une participation massive de notre peuple aux diverses cérémonies et commémorations organisées dans toute l'ile le 8 décembre, jour de la fête  de l'Immaculée Conception et de cette Nation Corse, qui en 1735 et pour l'éternité, se plaça sous le protection de la Vierge Marie, sanctifiant ainsi son lien indissoluble avec le Christ.


lundi 16 novembre 2015

Voici la première partie de notre entretien vidéo avec M Antoine Luciani. Agrégé de lettres classiques, professeur de grec ancien, ancien professeur de l'université de Corse, intellectuel de haut vol, M. Luciani est l'auteur d'un opuscule nommé "la nécessaire sécession". L'ouvrage en question, bien trop méconnu,  Lors de cet entretien, Antoine Luciani nous livre un point vue extrêmement intéressant sur divers points de l'histoire de corse. 
Cette première partie parle de Paoli, du roi Théodore, de la période des Lumière et de la présence coloniale française.


mardi 3 novembre 2015

Le Credo, première partie : la profession de la foi catholique


Ce que nous appelons le Credo de l'Eglise Catholique est la prière commune aux croyants, la profession de foi de tous les baptisés. Les deux formes utilisées dans la liturgie aujourd’hui, le symbole des apôtres et le symbole de Nicée-Constantinople, sont le fruit de développements théologiques au sein de l’Eglise naissante, dans l’antiquité. Riches en définitions dogmatiques, ceux-ci ont cependant une origine évangélique et apostolique, qui a permis leur élaboration et leur développement par les Pères de l’Eglise et les évêques lors des conciles. La compréhension rationnelle de ces symboles nous aide à appréhender la splendeur du Mystère de la Foi.

I. Les évènements du Salut

A. Le caractère économique du Credo

Le symbole est une profession de foi, à la dimension communautaire. La foi chrétienne est née et s’est développée autour de l’annonce de la Bonne Nouvelle. La communauté des apôtres, témoins de la résurrection, va répandre cette foi. Le Fils de Dieu, mort sur la croix pour nos péchés, ressuscité le troisième jour, est annoncé à tous par l’Eglise naissante. A la source de de cette proclamation, il y a un évènement, qui prend place dans l’histoire. Il s’agit d’un évènement qui a eu des témoins : la mort-résurrection de Jésus-Christ. Le mystère pascal a une importance fondamentale dans les premiers développements de l’Eglise. Avant la Passion et la Résurrection, les apôtres eux-mêmes ne savent pas vraiment qui est Jésus. Bien entendu, ils ont confiance en lui, le suivent, écoutent son enseignement. Mais ils ont encore un voile devant les yeux. Beaucoup n’ont pas compris l’annonce messianique.
« Et vous, qui dites vous que je suis ? Simon Pierre, prenant la parole, dit : vous êtes le Christ, le fils du Dieu vivant ! Jésus lui répondit : Tu es bienheureux, Simon fils de Jonas, parce que ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux.1»
La profession de foi primitive de Pierre est splendide, admirable. Car c’est bien la foi qui fait dire cela à Pierre, et non pas les lumières de la raison humaine. Cela dit, elle est encore incomplète. Celui-ci croit encore que le Messie va libérer Israël de l’envahisseur romain… En témoigne, quelques lignes plus loin :
« Dès lors, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrit beaucoup […] et qu’il fut mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour. Et Pierre, le prenant à part, commença à le reprendre, en disant : A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne vous arrivera point. Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Va-t’en derrière moi, Satan, tu m’es un sujet de scandale, car tu n’as pas le goût des choses de Dieu, mais des choses des hommes. »
Jésus a une dure réaction vis-à-vis de Pierre, qui accueille volontiers une vérité révélée lorsqu’il proclame que celui-ci est le Christ, mais redevient hermétique quand il veut empêcher la Passion. Sa foi demande à se développer après la Résurrection. Qu’il devait être difficile de croire pour les disciples, qui voyaient Jésus en chair et en os ! Cette foi se développera et s’affinera, et le mystère pascal ne sera pas étranger à cela.

Ainsi, le caractère économique des évènements que décrit le kérygme* permet une meilleure compréhension théologique. Le contenu du mystère pascal, les « économies » qui y sont proclamées : le Salut est annoncé, lié à des évènements bien concrets. C’est le projet divin qui est exposé, tout particulièrement par l’aspect christologique. C’est le mystère pascal, et Jésus, qui en est le principal acteur, qui est au centre des premières professions de foi baptismale, comme on le lit dans les Écritures : « Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ2 », « ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus3 ». Les premières professions de foi des chrétiens semblent avoir été exclusivement christologique. Le kérygme concerne des évènements, mais aussi quelqu’un : Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, et tout ce qu’il a fait pour la Rédemption de l’humanité. C’est lui qui enverra l’Esprit sur terre, et c’est par lui que les premiers chrétiens furent baptisés.

B. L’origine baptismale de la règle de foi

Car le baptême, pour être donné, nécessite de professer une même foi : l’Eglise de Dieu est une, et les nouveaux chrétiens doivent consentir à cette foi. Il s’agit de proclamer une même croyance, pour tous les baptisés. Au cœur de cette foi, il y a le kérygme : la personne de Jésus-Christ, mort sur la croix pour nous, et ressuscité par Dieu, premier né d’entre les morts. Dieu qui redonne vie à son Fils, dans son humanité, et montre le chemin de la vie éternelle : il s’agit bien du point central du Credo. Le consentement, le « oui » théologal des premiers baptisés, est d’une importance cruciale. Saint Irénée de Lyon développe l’importance du lien entre le baptême et la règle de foi :
« Comme la foi est intimement liée à notre salut, il en faut prendre grand soin afin que nous ayons une véritable intelligence des êtres. Or c'est la foi qui nous la procure, ainsi que les presbytres, disciples des apôtres, nous l'ont transmis (en tradition). En tout premier lieu, elle recommande de nous souvenir que nous avons reçu le baptême pour la rémission des péchés au nom de Dieu le Père, et au nom de Jésus-Christ, le Fils de Dieu incarné et mort et ressuscité, et dans l'Esprit Saint de Dieu, (... de nous souvenir) aussi que ce baptême est le sceau de la vie éternelle...2»
C’est bien dans cette participation à la vie et avec Dieu qui nous donne sa grâce, et en l’importance de revêtir l’homme nouveau qu’est le chrétien, que tous croient. La demande faite aux catéchumènes adultes ou aux parrains et marraines dans le rite tridentin illustre parfaitement ce caractère théologal : « - Que demandez vous à l’Eglise de Dieu ? - La foi ! » : c’est par le baptême que l’on reçoit cette foi, commune à tous les membres de l’Eglise. Car c’est par la mort sur la croix que tous ont été baptisés, et par sa résurrection que le Christ nous donne l’Esprit, et ouvre le Ciel pour tous les hommes. Jésus, nouvel Adam, donne l’arbre de vie à l’humanité.
C’est bien dans cet évènement, avec Jésus, que nous avons été baptisés : « Frères, nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés.3 ». Les paroles de saint Paul sont éloquentes. L’amour de Dieu, par son intervention transcendante, remporte la victoire contre la mort pour l’éternité. La Croix du Fils est le pont entre Dieu et les hommes : symbole horizontal, mais également vertical : elle révèle le lien intime de Jésus avec son Père, et « crucifixus etiam pro nobis » prend tout son sens : c’est pour nous, pour enlever le péché du monde, que Dieu sacrifie son fils unique. C’est pour restaurer l’ordre lésé de la charité que l’agneau innocent est offert en sacrifice au Père. C’est bien le baptême de l’humanité entière, accompagnant le Christ dans sa Pâque, qui s’opère alors.

II. L’annonce kérygmatique

A. La proclamation de l’évènement du Salut par la Croix

Les apôtres et les premiers chrétiens vont donc faire cette annonce du Salut par la croix. Car, l’importance du message est particulière. La joie est immense. Il s’agit de quelque chose qui nécessite d’être annoncé au monde, par son importance, et aussi parce que c’est la mission qui a été confiée aux apôtres : « Allez donc, enseignez toutes les nations 4 ». Cet évènement extraordinaire va être relayé par les premiers missionnaires du Christ :
« Maintenant je vous rappelle, frères, l’évangile que je vous ai prêché, que vous avez reçu, dans lequel vous demeurez fermes, et par lequel vous serez sauvés si vous le retenez tel que je vous l’ai prêché, à moins que vous n’ayez cru en vain. Car je vous ai transmis en premier lieu ce que j’ai moi-même reçu : que le Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures, qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures, qu’il a été vu de Céphas, puis des onze[…]5 »
Saint Paul nous livre, dans ce passage, le cœur de la foi : il annonce aux hommes qu’ils seront sauvés s’ils maintiennent cette foi. C’est l’annonce du Salut qui est faite, après la Pentecôte : les apôtres ont désormais l’intelligence des Écritures, d’où l’insistance de saint Paul sur la conformité des évènements avec l’annonce prophétique. Le Christ est mort pour nos péchés : l’acte d’Amour infini de Dieu, s’unissant à l’humanité souffrante, et Jésus suivant l’homme jusque dans la mort, avant d’instaurer le Royaume. La Salut de l’humanité est passé par la croix, ce qui est transmis aux générations futures. Le rôle primordial du kérygme dans la foi chrétienne est aussi évident de par sa fréquence dans le Nouveau Testament. 
Saint Ignace d’Antioche, outre quelques adjonctions, centre tout de même sa règle de foi sur le mystère pascal. On peut même constater que, s’il y a effectivement eu des développements, le kérygme est bien là. C’est encore plus synthétique ici : « Nous disons que le Verbe, le premier-né de Dieu, Jésus-Christ notre maître, a été engendré sans opération charnelle, qu'il a été crucifié, qu'il est mort et qu'après être ressuscité, il est monté au ciel6 ». Ici, on voit l’addition au kérygme précisant l’origine divine de Jésus, mais le point capital est toujours la mort-résurrection de notre Seigneur.

C’est l’Eglise qui nait, au cœur de ce mystère : la Pâque de Jésus inaugure la nouvelle ère, la victoire sur la mort, l’Eglise, le Royaume. A la lumière de ces évènements, tout prend forme. La foi trouve son intelligence dans le mystère pascal : « C’est ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous, qu’il fallait que s’accomplît tout ce qui a été écrit de moi[…]. Alors il leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprissent les Écritures.7 » Jusqu’à la Pentecôte, et la descente de l’Esprit sur les apôtres, le mystère pascal alimente le cœur de la foi : ce qui sera explicité à l’avenir, les définitions dogmatiques, préciseront, expliciteront, et développeront la foi, mais l’essentiel est là, dans le kérygme, qui proclame à la Terre entière l’évènement principal du Salut des hommes, qui révèle cette « économie ». Tous les développements ultérieurs préciseront la foi, afin de la défendre contre les hérésies naissantes, et de maintenant l’Eglise, garante du dépôt de la foi.

B. La montée mystique vers Dieu : de l’Esprit à Dieu le Père

Il est intéressant, dans le symbole, de remarquer que la démarche de foi est une lecture à l’envers du Credo : l’Esprit reçu dans le baptême nous fait connaître le Fils, qui nous fait connaître le Père. C’est l’Esprit, que Jésus en personne envoie, au terme du mystère pascal, qui révèle à tous la divinité du fils. C’est donc par l’esprit reçu lors du baptême que tout croyant peut goûter au cœur de la foi : la connaissance christologique du mystère pascal en est bien le point central : Jésus-Christ, notre Seigneur, est l’unique Sauveur, lui qui a vaincu le monde. Ce n’est pas en vain que saint Ambroise écrivait : « Son cœur, qui a été transpercé par la lance, est devenu notre cœur, et par lui nous aimons le Père ».
L’hymne christologique, la foi initiale des apôtres, se trouve donc entourée dans la structure du symbole de foi : en cela aussi, elle constitue le cœur de la foi. Le Credo, de nature trinitaire, parle donc des trois personnes divines. Cependant, la seule personne de la Trinité ayant assumé la nature humaine, c’est le Christ. C’est dans sa venue, annoncée par l’Esprit Saint à travers la bouche des prophètes, que le lien entre Dieu et les hommes est rétabli. En tant que Médiateur, le Christ a formé une vraie communion entre le Père et l’humanité souffrante, privée de la grâce. Il se livre pour nous et pour nos péchés, et cela encore jour après jour. Le mystère pascal est vraiment une « économie » : les évènements de la Passion à la Pentecôte révèlent admirablement à celui qui veut croire ce que Dieu est.
Le saint Sacrifice de la messe également souligne la place prépondérante du mystère pascal, son rôle central pour la foi catholique. En effet, c’est le sacrifice du Christ qui est renouvelé, à chaque messe, de manière non sanglante sur l’autel, pour la rémission des péchés : c’est la Passion. Mais le Christ qui se livre à nous dans l’hostie n’est pas mort, il est véritablement vivant, c’est la Résurrection. Et c’est humblement que nous lui demandons à ce sacrifice d’être agrée par le Père, et de s’élever aux cieux, afin que redescende sur nous l’Esprit : c’est l’Ascension. Cette prière de l’offertoire illustre très bien la place du mystère pascal dans la sainte messe : « Suscipe, sancta Trinitas, hanc oblationem, quam tibi offerimus ob memoriam passionis, resurrectionis, et ascensionis Jesu Christi Domini nostri […]8 ». On voit donc bien à quel point ce grand mystère est au cœur de la foi chrétienne, professée après la Pentecôte par les premiers disciples.


On voit donc bien, dès les temps apostoliques, le caractère fondamental du mystère pascal. Centré autour d’évènements objets de témoignages, et autour de la personne de Jésus-Christ, celui-ci va constituer la base solide autour de laquelle va de développer la foi de l’Eglise. Cette foi, au caractère fortement communautaire, va d’abord prendre la forme du kérygme, court et centré sur l’essentiel. Puis, avec les Pères de l’Eglise et les premiers conciles se développeront les vérités essentielles des symboles de foi. Ceux-ci vont constituer le signe de reconnaissance de la communauté des croyants, le lien entre les baptisés : un Credo trinitaire, dont la foi en Jésus-Christ Sauveur de l’humanité, mort pour nos péchés et ressuscité le troisième jour constitue le cœur et la charnière.




[1] Mt 16, 15-16
[2]  SAINT IRENEE DE LYON, Démonstration de la prédication apostolique
[3]  Rm 6, 3-5
[4] Mt 28, 19
[5] 1Co 15, 1-5
[6] JUSTIN DE NAPLOUSE, Oeuvres complètes
[7] Lc 24, 44-45
[8] Ordo missæ, 1962

* Kérygme : énoncé de foi fondamental des premiers chrétiens, résumant le mystère pascal

dimanche 18 octobre 2015

CRISTEROS, une "Crucetta" au Mexique





 Le film "Cristeros" sorti en version française en mai 2014 n'a fait l'objet d'aucune publicité et n'a même pas été distribué en Corse. Et pour cause, cette œuvre retrace un épisode tragique de l'histoire du Mexique, assez similaire à la révolte catholique corse des "crucette" contre la République Française en 1793.

Le contexte est celui du Mexique révolutionnaire de 1926. Le président Plutarco Elias Callès, récemment arrivé à la tête du Parti Révolutionnaire Institutionnel, athée viscéral surnommé "l'anti-Christ", décide d'y déclarer la guerre à l’Église Catholique et aux fidèles, décrétés "agents d'une puissance étrangère". Après avoir fait fermer les écoles catholiques et la plupart des églises, il instaure rapidement la terreur en commençant par faire fusiller les membres du clergé qui continuent de porter la soutane. Sous ses prédécesseurs socialistes et franc-maçons, la peine n'étaient "que" de cinq ans de prison. Peter O'Toole joue là avec beaucoup de foi son avant-dernier rôle en incarnant le père Christopher. De péripétie en péripétie, l'arme du boycott économique se révélant vaine, les groupes catholiques, dont le principal est la Ligue Nationale de Défense de la Religion, sont contraints de passer à la contre-offensive armée.Après leurs premiers revers, ils s'adjoignent les services du général Enrique Gorostita Velarde, un ancien militaire de valeur ( Andy Garcia qui retrouve Eva Longoria dans le rôle de Tulita, épouse du général ), pour organiser l'armée des insurgés.Par son sens tactique, ce dernier va assurer le succès de l'insurrection.

C'est à ce moment là qu'intervient Dwight Whithney Morrow, le nouvel ambassadeur étatsunien envoyé par le président républicain Coolidge, avec pour mission de protéger les intérêts pétroliers US. Ce Républicain est prêt dans ce but à livrer des canons et des avions militaires à l'adversaire socialiste pour lutter contre l'ennemi Catholique commun. La papauté de son côté reste fidèle à sa tactique traditionnelle qui est de laisser combattre un schisme ou une hérésie par un groupe opposé de croyants, puis, le but atteint, de renvoyer dos-à-dos ceux qu'elle appelle les "extrêmes". Dans le Mexique à feu et à sang de 1926, elle déclare donc "extrémistes" les Catholiques insurgés et pousse au compromis avec les oppresseurs après un conflit de trois ans qui aura fait plus de 90 000 victimes et donné lieu à des horreurs sans nom.

La plus grande partie du film est vue à travers les yeux d'un enfant qui sera béatifié bien plus tard en 2005, par Benoit XVI, et ceux du général Gorostieta ( au départ assez éloigné de la religion mais qui évoluera) qui le considérait comme son fils.



L'on peut regarder ce film comme un simple western comprenant tous les ingrédients du genre. L'on y découvre également des villes latines presque familières, sœurs de Naples ou du vieux Bastia, avec ces églises ornementées, décorées dans ce style baroque omniprésent en Corse comme dans tout le sud catholique dû au grand élan de la Contre-Réforme. Dans ce Mexique là nous sommes au fond un peu chez nous. Et dans le rôle de Tutila , Eva Longoria est aussi, sans aucun doute , une femme de chez nous...

Mais Cristeros  est un film de controverse, issu de cette sensibilité catholique que l'on veut aujourd'hui encore et toujours étouffer. La grande presse a fait silence autour de cette fresque et des évènements tragiques qu'elle dépeint. Et une fois de plus , nous souvenant de l'insurrection catholique corse dite de la "Crucetta", nous ne sommes pas dépaysés, ayant sans cesse à l'esprit la nature du régime politique que nous subissons, identique dans ses fondements à celui du Mexique de 1926. Aussi faut il saluer les martyrs mexicains tombés pour leur foi entre 1926 et 1929, ainsi que les auteurs qui ont accompli la démarche militante de témoigner dans le monde indifférent ou hostile de 2014. Sachons évaluer le prix de leur courage.

Sachons être honnètes aussi et reconnaitre les zones d'ombres dans Cristeros. La production n'a pas pris la peine de mettre en lumière quel appareil a structuré le  soulèvement des Catholiques mexicains.Lénine nous a appris que sans appareil strict d'organisation des masses,rien n'est possible dans le domaine de la Révolution. Sans douté aura-t-il fallu l'intervention de certains évêques, même s'il n'étaient pas encore galvanisés par l'encyclique Divini Redemptoris qui depuis 1937 condamne le communisme athée.
De même, malgré son grand souffle romantique, ce film est un peu trop factuel. "Les faits, rien que les faits". C'est tout à l'honneur des auteurs d'avoir voulu laisser le spectateur juger sur pièces. Cristeros fait de nous des spectateurs ou pour les croyants, des témoins.Il ne nous demande pas explicitement de passer à l'action.Faut-il le regretter ?Peut-être. A moins de se dire que dans un film de spiritualité Catholique, cette spiritualité qui donne son visage à notre identité Corse, le tragique ne doit pas tenir la première place. Car, comme l'expliquait Nietzsche, le Christ a tué le tragique : nous avons maintenant l'espoir de la Résurrection !

Une projection publique de Cristeros, suivi d'une conférence-débat  est prévue dans les mois à venir par le mouvement  Cristiani Corsi.

mercredi 7 octobre 2015

Le Rosaire, sauveur de l'Europe



  Le dimanche 4 octobre 2015,  le premier groupe insulaire de l'Archiconfrérie de Notre-Dame du Rosaire était institué en l'église Notre-Dame-de-Lourdes à Bastia au cours de la messe dominicale. La cérémonie fut célébrée par le père dominicain Louis-Marie, venu spécialement de Nice. Depuis des siècles l'ordre dominicain est en charge de l'implantation et de la direction spirituelle des confréries du Rosaire. L'Archiconfrérie est appelée à essaimer dans toute la Corse.

Le Rosaire est une grande école de prière de l’Église catholique. Prier le rosaire, c'est accompagner la Vierge Marie dans les grands évènements ou "Mystères" de la vie de Jésus-Christ. une confrérie est un groupe de prière autonome qui se réunit dans une église, pour prier le Rosaire traditionnel, chaque semaine ou chaque mois. Ses membres s’engagent aussi à prier au moins une dizaine chaque jour.
Une confrérie a deux liens forts : avec sa paroisse, dont elle est une école de prière ouverte à tous  et avec les Pères Dominicains, qui lui offrent une formation spirituelle.


Cet évènement intervient quelques jours avant la la Fête de Notre-Dame du Rosaire , instituée par le pape Pie V à la suite de la bataille navale de Lépante. Dans son homélie, le père Louis-Marie rappela les circonstances miraculeuses ayant suscité l'instauration de cette fête.


La fête de Notre-Dame du Rosaire fut instituée par le pape saint Pie V à la suite immédiate de cette victoire du 7 octobre 1571. En effet, cette importante victoire navale de la Sainte Ligue coalisée par le Pape et conduite par Don Juan d’Autriche (composée principalement de Venise et de l'Espagne) contre la flotte du sultan d’Istanbul, avait été considérée comme un miracle obtenu par la prière du Rosaire, dans laquelle toute la chrétienté s’était alors impliquée à la demande du saint Pape dominicain. Le Pape avait demandé un rosaire universel, une véritable croisade de saintes prières, pour obtenir la victoire.

      Lépante fut une lourde défaite pour les Ottomans, qui perdirent une grande partie de leur marine (260 navires sur les 300 de leur flotte) et près de 30 000 hommes (morts ou blessés) et 8 000 prisonniers chez les Turcs. 15 000 forçats chrétiens furent libérés de leurs fers. 117 navires, 450 canons et 39 étendards furent pris aux Turcs.

      Cette bataille, dont saint Pie V avait été averti de l’issue au cours d’une extase, le soir du 7 octobre, semblait mettre fin aussi aux ambitions conquérantes des forces du Croissant, parvenues au faîte de leur puissance sous le règne du sultan ottoman Soliman le Magnifique, mort en 1566. De sorte qu’en 1571, la Chrétienté pouvait se dire enfin libérée du péril musulman qui l’avait terrorisée lorsque, par deux fois dans les décennies précédentes, les étendards rouge et vert des Turcs avaient flotté devant les murs de Vienne, capitale du Saint-Empire. Le sultan Ali Pacha qui commandait la flotte ottomane fut décapité et sa tête placée au bout du mât du navire amiral espagnol.

Cette importante victoire a été considéré comme un miracle obtenu par la prière du Rosaire dans laquelle toute la Chrétienté s'était impliquée à la demande du pape. Celui-ci ajouta aux litanies de la Très Saint Vierge, une invocation supplémentaire : "Secours des Chrétiens, priez pour nous".

L'on se souviendra qu'à cette époque, la France, alliée de l'envahisseur ottoman, refusa de participer à la Sainte-Ligue. Une politique assez similaire à celle menée actuellement au Moyen Orient par ce pays.

Le Rosaire, les Ordres monastiques, l'Occident Chrétien, Marie Reine de Corse, la guerre sanctifiée par la prière, le combat pour l'Europe, des images d'une civilisation dont l'espérance du renouveau guide les pas des âmes pures, en cette époque d'inversion et de confusion.